Haemophilus influenzae

Sommaire

L'Haemophilus influenzae est une bactérie responsable d'infections, notamment pulmonaires, chez l'homme.

Haemophilus influenzae : qu'est-ce que c'est ?

L'Haemophilus influenzae est une bactérie appartenant à la famille des Pasteurellaceae et au genre Haemophilus. On l’appelle ainsi car elle aime l'hémine tirée de l'hémoglobine et se développe volontiers dans un organisme affaibli par la grippe, ou « influenza ».

Bon à savoir : en 1890, lors des épidémies de grippe, l'allemand Robert Pfeiffer identifie la bactérie dans des crachats de malades grippés.

On utilise différents critères pour catégoriser les bactéries :

  • Forme : l'Haemophilus influenzae est un coccobacille polymorphe. Il se présente ainsi sous deux formes différentes : la forme sphérique (coque) ou en bâtonnet (bacille).
  • Capsule : la bactérie existe sous deux formes, encapsulée ou non.
  • Coloration de Gram : c'est une bactérie à Gram négatif.
  • Conditions de développement :
    • C'est une bactérie aéro-anaérobie facultative : une petite quantité d'oxygène est préférable à son développement, mais elle peut s'en passer.
    • Deux facteurs de croissance (composés protéiques) sont indispensables à son développement : l'hémine et le NAD (nicotinamide adénine dinucléotide).

Bon à savoir : la coloration de Gram permet d'étudier la nature de la paroi des bactéries (simple paroi chez les Gram positifs et paroi double chez les Gram négatifs), qui est un facteur de résistance à certains antibiotiques.

Pouvoir pathogène de l'Haemophilus influenzae

Le pouvoir pathogène d'une bactérie correspond à sa capacité à induire une maladie :

  • L'Haemophilus influenzae fait partie de la flore normale des muqueuses des voies respiratoires supérieures, notamment le nez et le pharynx. Elle est présente sans maladie associée chez 40 à 60 % de la population générale, dite « porteur sain ». Il s'agit dans la grande majorité des cas de souches non encapsulées.
  • Il existe 6 sérotypes distincts, de A à F, différenciés par la composition de la capsule (si elle existe) ou de l'enveloppe de la bactérie. Le plus fréquent est le sérotype B.
  • L'Haemophilus influenzae est une bactérie opportuniste, c'est-à-dire qu'elle profite de l'affaiblissement du corps humain (infection virale ou exposition aux facteurs irritants comme le tabac) pour induire une maladie.
  • La capsule confère aux Haemophilus influenzae qui la possèdent une défense contre notre système immunitaire. Le sérotype le plus virulent est le type B.
  • La vaccination contre la bactérie permet de sauver des vies ! Avant son avènement, les méningites à Haemophilus influenzae chez l'enfant en bas âge étaient fréquentes et responsables de nombreux décès.

Bon à savoir : la période entre 3 mois et 3 ans correspond à une période d'immaturité immunitaire. L’enfant n’est plus protégé par les anticorps de la mère et commence progressivement à acquérir ses propres anticorps. Le niveau suffisant n’est atteint qu’à partir de 3 ans.

L'Haemophilus influenzae est ainsi responsable de plusieurs types d'infections dont certaines sont graves. Les âges à risque d'infection grave à pneumocoque sont les moins de 2 ans et les plus de 65 ans :

  • infections à Haemophilus influenzae la plupart du temps bénignes : otite moyenne aiguë, sinusite, bronchite ;
  • infections à pneumocoque potentiellement dangereuses : pneumopathie, méningite, septicémie.

Traitement des infections à Haemophilus influenzae

Il existe deux catégories de traitements contre l’Haemophilus influenzae : les traitements curatifs et les traitements préventifs.

Traitements curatifs de l’Haemophilus influenzae : les antibiotiques

Il existe une dizaine de classes d'antibiotiques. Les plus fréquemment utilisés sont les pénicillines, les céphalosporines, les aminosides, les macrolides, les fluoroquinolones, les glycopeptides et les imidazolés :

  • Un grand nombre d’entre eux sont actifs sur l'Haemophilus influenzae. Les plus fréquemment utilisés sont les céphalosporines de 3e génération (C3G) comme la Rocéphine®.
  • Certaines bactéries possèdent une résistance naturelle à des antibiotiques. C'est le cas de l'Haemophilus influenzae pour les macrolides et les glycopeptides entre autres.
  • Par ailleurs, le Comité des médicaments à usage humain de l’Agence européenne des médicaments (EMA) a recommandé d’accorder une autorisation de mise sur le marché à Recarbrio® pour le traitement des infections dues à des organismes aérobies à Gram négatif chez des adultes disposant d’options thérapeutiques limitées.
  • Les bactéries sont par ailleurs capables de développer des résistances contre certains antibiotiques, on parle de résistances acquises. Dans les cas de l'Haemophilus influenzae, deux résistances acquises sont connues :
    • les bêtalactamines, dont font partie les pénicillines et les céphalosporines (toutefois, la résistance aux céphalosporines de 3e génération est en baisse - de 0,2 % seulement - selon les données publiées en 2019 par Santé publique France) ;
    • les fluoroquinolones (antibiotiques les plus fortement associés à une augmentation des résistances).

À noter : les antibiorésistances sont telles qu'à ce rythme, elles risquent de devenir la première cause de mortalité dans le monde à la moitié du XXIe siècle. Il est donc indispensable d'utiliser les antibiotiques avec soin, de façon à éviter l'apparition de super-bactéries résistantes à tous les traitements antibiotiques. Vous pouvez pour cela consulter l'espace en ligne Antibio'Malin qui a pour objectif d'améliorer la connaissance des infections courantes et des traitements antibiotiques et ainsi de prévenir le phénomène d'antibiorésistance.

  • L'acide clavulanique couplé à l'amoxicilline, par exemple dans l'Augmentin®, est actif sur presque toutes les souches.

Bon à savoir : l'Haemophilus influenzae synthétise une enzyme, la bétalactamase, qui lui permet d’inactiver l'action des bêtalactamines. L’association de l’acide clavulanique et de l'Amoxicilline® permet à son tour d’inhiber les bétalactamases et de contrer cette résistance.

Prévention de l’Haemophilus influenzae : les vaccins

La vaccination contre Haemophilus influenzae est obligatoire pour les nourrissons dès l’âge de 2 mois.

Les vaccins actuellement utilisés sont couplés à d'autres vaccins ayant le même schéma vaccinal :

Aucune sanction n'est prévue pour les parents d'un enfant non-vacciné (sur la base de son carnet de santé), mais celui-ci ne sera pas admis en collectivité (crèche, école, garderie, etc.). Le maintien de l'enfant en collectivité est en effet subordonné à la justification chaque année de la réalisation des vaccinations obligatoires (décret n° 2019-137 du 26 février 2019, venu compléter l'article R. 3111-8 du Code de la santé publique). De plus, le non-respect des obligations vaccinales par les parents est un motif de démission légitime pour les assistants maternels, c’est-à-dire ouvrant droit aux allocations chômage (décret n° 2019-797 du 26 juillet 2019).

Le schéma vaccinal du nourrisson est le suivant : 3 injections à 1 mois d'intervalle avant 6 mois, 1 rappel à 18 mois. Notez que cette vaccination est prise en charge par la Sécurité sociale à hauteur de 65 % et à 35 % par les mutuelles. La gratuité est appliquée dans les centres de vaccination pour les personnes sans mutuelle.

Bon à savoir : dans les pays où la vaccination est généralisée, les méningites à Haemophilus influenzae ont pratiquement disparu.

À noter : le décret n° 2019-112 du 18 février 2019 élargit les missions des services universitaires de médecine préventive et de promotion de la santé. Ces services peuvent désormais assurer la prescription et la réalisation de vaccinations dans le respect du calendrier des vaccinations en vigueur (article D. 714-21 du Code de l'éducation).

Pour en savoir plus :

  • Les allergies aux antibiotiques sont en réalité plus rares qu’on ne le pense. On vous aide à faire le tri entre les vraies et les fausses.
  • De nombreux vaccins sont obligatoires en France et doivent être réalisés à des âges précis. On fait le point ensemble sur le calendrier vaccinal, qui comprend les dates de primo-injections et de rappels.
  • Toux et homéopathie, vous n’y croyez pas ? L’homéopathie peut pourtant aider à combattre certaines toux. On revient ensemble sur les plantes qui fonctionnent selon le type de toux.

Ces pros peuvent vous aider